L’agriculture est l’activité économique dominante au Bénin et constitue le pilier des moyens de subsistance et de la sécurité alimentaire de la grande majorité des ménages. Le potentiel agroécologique du pays s’étend sur plus de 4,8 millions d’hectares de terres arables, dont moins de 2 millions d’hectares sont exploités, principalement à travers des systèmes pluviaux de petites exploitations. Les principales cultures de rente comprennent le coton (pour lequel le Bénin est le premier producteur en Afrique de l’Ouest), les noix de cajou, le beurre de karité, le soja et les ananas. Les cultures vivrières telles que le maïs, le riz, l’igname et le manioc sont largement répandues. Cependant, le secteur reste caractérisé par de faibles niveaux de mécanisation, une utilisation limitée des engrais et des semences améliorées, des systèmes post-récolte faibles et une transformation locale limitée, ce qui enferme le pays dans des cycles d’exportation de produits de base à faible valeur.
Aperçu
Contribution économique
L’agriculture représente environ 33 % du PIB et plus de 75 % des recettes d’exportation, ce qui en fait le plus grand contributeur unique aux revenus en devises étrangères. Le coton reste le pilier de la performance à l’exportation, générant des centaines de milliards de FCFA par an et fournissant des revenus monétaires à des millions de producteurs ruraux. Les exportations de noix de cajou ont connu une croissance régulière et occupent désormais la deuxième place. Le secteur emploie plus de 70 % de la main-d’œuvre, en particulier les femmes et les jeunes, et soutient la consommation rurale et les marchés informels. Pourtant, seulement 10 à 15 % des produits agricoles sont transformés localement, limitant la création de valeur ajoutée, la diversification et la création d’emplois formels et qualifiés.
Perspectives
Le secteur agricole reste central dans le programme de développement du Bénin et figure en bonne place dans les documents stratégiques nationaux, notamment le PNDSA et le PNIASAN, ainsi que dans la dynamique de réformes engagée après 2016. Les investissements publics dans les infrastructures de transformation agroalimentaire, les aménagements d’irrigation, la connectivité rurale et les systèmes de vulgarisation devraient soutenir les gains de productivité et une meilleure intégration des chaînes de valeur. Le développement de la Zone industrielle de Glo-Djigbé, ainsi que les plans visant à structurer des chaînes de valeur dédiées dans la transformation du riz, du soja et de l’ananas, pourraient contribuer à orienter le secteur vers des activités à plus forte valeur ajoutée et des produits prêts à l’exportation. Les solutions d’agriculture numérique, notamment la cartographie des cultures basée sur satellite, les services de conseil mobiles et les plateformes financières numériques, sont également progressivement déployées, avec le potentiel d’améliorer la prise de décision au niveau des exploitations, l’accès aux services et l’inclusion financière. L’intégration régionale dans le cadre de la CEDEAO et de la Zone de libre-échange continentale africaine offre des opportunités supplémentaires d’expansion des marchés, notamment pour les produits agricoles transformés.
Malgré ces perspectives positives, plusieurs contraintes continuent de peser sur la performance du secteur et sa capacité d’attraction des investissements. Le changement climatique représente un risque majeur, car les précipitations irrégulières, les inondations localisées et les sécheresses réduisent les rendements et accroissent la vulnérabilité des producteurs. Les inefficacités des chaînes d’approvisionnement, les pertes élevées après récolte, les faibles capacités de stockage et les systèmes limités de gestion de la qualité continuent d’entraver la compétitivité. L’accès au financement reste également contraint, l’agriculture étant souvent considérée comme présentant un risque élevé par les banques commerciales et seule une part limitée des portefeuilles de crédit étant orientée vers l’agriculture ou l’agro-industrie. La faiblesse des infrastructures rurales et l’insécurité foncière limitent davantage la productivité, l’investissement et l’accès aux marchés. La résolution de ces contraintes sera importante pour libérer le plein potentiel du secteur.
L’agriculture offre néanmoins d’importantes opportunités pour le développement de l’agro-industrie et la diversification. Les activités à plus forte valeur ajoutée dans les textiles de coton, les huiles alimentaires, la transformation de la noix de cajou et les produits à base de fruits, notamment le jus d’ananas, pourraient soutenir l’industrialisation, la création d’emplois et la croissance des exportations. Les outils d’agriculture intelligente face au climat, les systèmes d’identité numérique des agriculteurs et les plateformes de paiement mobile peuvent contribuer à améliorer la productivité, la résilience et l’inclusion, en particulier parmi les petits exploitants. L’agriculture contractuelle, les modèles d’agrégation et l’amélioration de la logistique grâce aux routes rurales d’accès pourraient renforcer les liens entre producteurs, transformateurs et marchés. Parallèlement, le développement stratégique des exportations et la valorisation de marques de produits biologiques, spécialisés ou issus du commerce équitable, tels que les noix de cajou, pourraient contribuer à accroître les revenus en devises étrangères et à renforcer la position du Bénin sur les marchés agricoles régionaux et internationaux.