Aperçu

Le secteur des services financiers et de l’assurance du Nigeria est le plus vaste et le plus diversifié d’Afrique subsaharienne. Il joue un rôle central dans la stabilité économique du pays, le financement du secteur privé et le développement des investissements. Il couvre un large éventail d’activités, notamment la banque commerciale et d’investissement, l’assurance, les fonds de pension, les marchés de capitaux, la fintech et la microfinance, avec une présence qui s’étend à l’ensemble de l’Afrique de l’Ouest.

Le système financier est supervisé par la Banque centrale du Nigeria (Central Bank of Nigeria – CBN), la National Insurance Commission (NAICOM), la National Pension Commission (PenCom) et la Securities and Exchange Commission (SEC). Il repose sur plus de trente banques commerciales, auxquelles s’ajoutent un nombre croissant d’institutions financières non bancaires, de plateformes numériques et d’entreprises fintech.

L’inclusion financière s’est sensiblement améliorée au cours des dernières années, passant de 56 % en 2016 à plus de 64 % en 2023, grâce au développement des services bancaires mobiles, des réseaux d’agents bancaires et de l’innovation fintech. Le secteur de l’assurance, bien qu’encore relativement peu développé à l’échelle internationale, connaît une croissance soutenue grâce à l’introduction de nouveaux produits et à des réformes réglementaires visant à accroître son taux de pénétration.

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Contribution économique

Les services financiers et les assurances contribuent ensemble à environ 4 à 5 % du PIB du Nigeria, ce qui en fait l’un des cinq principaux secteurs non pétroliers en termes de valeur ajoutée.

Le système bancaire représente plus de 60 % des actifs du secteur financier, avec des actifs consolidés dépassant 93 000 milliards de nairas (environ 65 milliards de dollars américains) à la mi-2024. Le secteur de l’assurance demeure relativement peu développé, avec un taux de pénétration d’environ 0,5 % du PIB, mais le marché génère plus de 900 milliards de nairas (près de 600 millions de dollars américains) de primes brutes annuelles.

Le secteur emploie directement plus de 200 000 personnes et produit d’importants effets d’entraînement sur les services aux entreprises, le commerce et les infrastructures numériques.

Les marchés de capitaux nigérians, dominés par le Nigerian Exchange Group (NGX), regroupent plus de 150 sociétés cotées et poursuivent leur approfondissement grâce au développement des émissions obligataires et à la montée en puissance des fonds de pension. Parallèlement, l’essor de la fintech a fortement accéléré l’accès aux services financiers : les paiements mobiles ont progressé de plus de 40 % en 2023 et comptent désormais plus de 50 millions d’utilisateurs actifs à travers le pays.


Perspectives

Les perspectives à moyen terme du secteur sont positives, soutenues par l’innovation numérique, la croissance démographique et l’intégration régionale. La Stratégie pour le système financier (Financial System Strategy – FSS 2025) et la Stratégie nationale d’inclusion financière (National Financial Inclusion Strategy – NFIS 3.0) visent à approfondir l’inclusion financière, à renforcer les cadres réglementaires et à élargir l’accès au crédit pour les ménages et les petites entreprises.

La fintech et les services bancaires numériques devraient rester d’importants moteurs de croissance, tandis que le secteur de l’assurance devrait se développer à mesure que l’application des polices obligatoires s’améliore et que de nouvelles exigences de fonds propres fondées sur les risques entrent en vigueur. La participation croissante à la finance verte et durable, notamment par l’intermédiaire d’obligations climatiques et d’instruments liés aux critères environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG), s’impose également comme une priorité des politiques publiques.

Le secteur nigérian des services financiers et de l’assurance est confronté à plusieurs contraintes qui continuent d’affecter sa stabilité, l’inclusion financière et la confiance des investisseurs. La volatilité de la monnaie, les pressions inflationnistes et l’incertitude macroéconomique pèsent sur la stabilité financière, tandis que les taux d’intérêt élevés limitent l’accès au crédit, en particulier pour les petites et moyennes entreprises. Le système bancaire reste également exposé au financement du secteur public et aux risques de concentration. Dans le secteur de l’assurance, le faible taux de pénétration s’explique par une sensibilisation limitée, des contraintes d’accessibilité financière et une application insuffisante des couvertures obligatoires. La fragmentation réglementaire, la lente adaptation aux innovations fintech ainsi que l’augmentation des risques liés à la cybersécurité et à la protection des données, dans un contexte de numérisation croissante, soulignent également la nécessité de renforcer la supervision et la résilience du système.

Dans le même temps, le secteur offre d’importantes possibilités de croissance et de diversification. L’expansion des services financiers numériques et des services bancaires mobiles peut améliorer l’accès des populations insuffisamment desservies, tandis que la micro-assurance, l’assurance maladie et l’assurance agricole offrent des possibilités de développement sur les marchés ruraux et informels. Les produits de finance verte et durable, notamment les instruments liés aux énergies renouvelables et à la résilience climatique, pourraient contribuer à la réalisation d’objectifs d’investissement plus larges. Le développement des marchés obligataires d’entreprises et souverains, y compris des sukuk, peut élargir les possibilités de financement à long terme. Le renforcement des partenariats entre les fintechs et les banques, l’intégration financière régionale dans le cadre de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) et de la CEDEAO, ainsi que les investissements dans la cybersécurité, les infrastructures numériques et une réglementation fondée sur les données pourraient encore améliorer la compétitivité et la résilience du système.