Les perspectives à moyen terme du secteur sont positives, soutenues par l’innovation numérique, la croissance démographique et l’intégration régionale. La Stratégie pour le système financier (Financial System Strategy – FSS 2025) et la Stratégie nationale d’inclusion financière (National Financial Inclusion Strategy – NFIS 3.0) visent à approfondir l’inclusion financière, à renforcer les cadres réglementaires et à élargir l’accès au crédit pour les ménages et les petites entreprises.
La fintech et les services bancaires numériques devraient rester d’importants moteurs de croissance, tandis que le secteur de l’assurance devrait se développer à mesure que l’application des polices obligatoires s’améliore et que de nouvelles exigences de fonds propres fondées sur les risques entrent en vigueur. La participation croissante à la finance verte et durable, notamment par l’intermédiaire d’obligations climatiques et d’instruments liés aux critères environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG), s’impose également comme une priorité des politiques publiques.
Le secteur nigérian des services financiers et de l’assurance est confronté à plusieurs contraintes qui continuent d’affecter sa stabilité, l’inclusion financière et la confiance des investisseurs. La volatilité de la monnaie, les pressions inflationnistes et l’incertitude macroéconomique pèsent sur la stabilité financière, tandis que les taux d’intérêt élevés limitent l’accès au crédit, en particulier pour les petites et moyennes entreprises. Le système bancaire reste également exposé au financement du secteur public et aux risques de concentration. Dans le secteur de l’assurance, le faible taux de pénétration s’explique par une sensibilisation limitée, des contraintes d’accessibilité financière et une application insuffisante des couvertures obligatoires. La fragmentation réglementaire, la lente adaptation aux innovations fintech ainsi que l’augmentation des risques liés à la cybersécurité et à la protection des données, dans un contexte de numérisation croissante, soulignent également la nécessité de renforcer la supervision et la résilience du système.
Dans le même temps, le secteur offre d’importantes possibilités de croissance et de diversification. L’expansion des services financiers numériques et des services bancaires mobiles peut améliorer l’accès des populations insuffisamment desservies, tandis que la micro-assurance, l’assurance maladie et l’assurance agricole offrent des possibilités de développement sur les marchés ruraux et informels. Les produits de finance verte et durable, notamment les instruments liés aux énergies renouvelables et à la résilience climatique, pourraient contribuer à la réalisation d’objectifs d’investissement plus larges. Le développement des marchés obligataires d’entreprises et souverains, y compris des sukuk, peut élargir les possibilités de financement à long terme. Le renforcement des partenariats entre les fintechs et les banques, l’intégration financière régionale dans le cadre de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) et de la CEDEAO, ainsi que les investissements dans la cybersécurité, les infrastructures numériques et une réglementation fondée sur les données pourraient encore améliorer la compétitivité et la résilience du système.