Le Forum des entreprises africaines 2026 s’est conclu ce mardi, à Addis-Abeba par un appel pressant à des investissements à long terme, tolérants au risque, afin de libérer le potentiel d’innovation de l’Afrique et de stimuler une croissance inclusive et créatrice d’emplois sur l’ensemble du continent. Le Forum, organisé par la Commission économique pour l’Afrique en marge du Sommet de l’Union africaine, a lancé un outil de suivi, le « Mur des engagements » en matière d’emploi afin de recenser, de présenter et de suivre les engagements des secteurs public et privé relatifs à l’emploi.
Le Forum, organisé sur le thème « Financer l’avenir de l’Afrique : emplois et innovation pour la transformation durable » a réuni des chefs d’État, des dirigeants d’entreprises et des acteurs des secteurs créatifs, des décideurs politiques et des bailleurs de fonds du développement afin de tracer de nouvelles voies pour une industrialisation durable et une intégration réussie aux marchés.
Les participants ont convenu que la forte croissance démographique de l’Afrique représente une opportunité économique stratégique qui exige des investissements décisifs dans la recherche, l’innovation et les écosystèmes entrepreneuriaux, ancrés dans des capitaux tolérants au risque et axés sur la croissance plutôt que dans l’aide.
Le Forum a souligné que la transformation structurelle doit être impulsée par une chaîne de valeur régionale intégrée et la pleine réalisation de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf). Cela implique une harmonisation des réglementations, une baisse des coûts du capital et la croissance des entreprises transfrontalières afin de favoriser la création d’emplois durables.
Les dirigeants des secteurs public et privé ont également appelé à une réorientation du financement du développement vers des modèles d’investissement écosystémiques reliant les infrastructures, les chaînes de valeur industrielles, les marchés numériques et les systèmes d’énergie verte à des résultats durables en matière d’emploi. Ils ont réaffirmé que la participation économique des femmes doit être institutionnalisée comme un pilier central de cette transformation, et non considérée comme un élément accessoire.
Le Président éthiopien, Taye Atske Selassie, a mis en avant l’expérience de son pays en matière de création d’emplois pour les jeunes grâce aux start-ups et à l’innovation, insistant sur la nécessité d’agir pour la transformation de l’agriculture, les start-ups dirigées par des jeunes et des femmes, et d’accélérer l’intégration de la ZLECAf afin de promouvoir le développement durable. Il a souligné que la transformation de l’Afrique n’est ni une idée abstraite ni une ambition lointaine ; elle doit se traduire concrètement par des usines qui embauchent, des exploitations agricoles qui créent de la valeur ajoutée, des plateformes numériques qui atteignent les marchés et des industries créatives qui transforment les jeunes talents en capital humain.
Le Vice-Premier ministre somalien, Salah Ahmed Jama, a mis en lumière les efforts de transformation multidimensionnels faits par son pays, notamment un système national d’identification, des politiques globales liées à l’éducation et à la politique industrielle, et la nécessité de répondre aux exigences du marché pour créer des emplois dans les filières de l’élevage et de la pêche, qui contribuent à hauteur de 7 % à l’économie nationale. Ces efforts sont, a-t-il précisé, soutenus par une politique de désarmement.
Le Secrétaire exécutif de la CEA, Claver Gatete, a fait remarquer que la concentration et la sélectivité accrues des capitaux mondiaux garantissent la portée, la sécurité et l’avenir des marchés. « La question n’est pas de savoir si le capital existe », a-t-il insisté. « La véritable question est : où émergeront les prochains moteurs de la croissance mondiale » ?
Il a fait valoir qu’avec la population active la plus jeune du monde, une urbanisation accélérée, une adoption numérique rapide et des marchés de consommation en expansion, le continent africain connaît déjà une transformation structurelle ancrée dans la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), qui crée un marché unique de plus de 1,5 milliard de personnes. De plus, la transformation du cacao menée par les jeunes en Côte d’Ivoire, une chaîne de valeur automobile intégrée au Maroc et l’écosystème de paiements numériques en pleine expansion en Éthiopie témoignent du fait que l’Afrique commence à exporter de la valeur ajoutée, et non plus seulement des matières premières.
Ce communiqué de presse a été publié par la Commission économique pour l’Afrique: Forum des entreprises africaines 2026 : un appel à des investissements audacieux pour financer l’avenir de l’Afrique par l’emploi et l’innovation | Nations Unies Commission économique pour l'Afrique