La Commission de l’Union africaine (CUA) et l’OCDE ont lancé aujourd’hui la Plateforme Virtuelle de l'Investissement en Afrique (Africa Virtual Investment Platform – AVIP), une initiative offrant des données complètes et comparables sur l’investissement en Afrique afin d’éclairer les décisions des pouvoirs publics et des investisseurs. Désormais accessible au public, la plateforme a été lancée à Abidjan à l’occasion de la réunion conjointe du Comité technique spécialisé (CTS) de l’Union africaine sur les finances, les affaires monétaires, la planification économique et l’intégration, ainsi que sur le commerce, le tourisme, l’industrie et les ressources minérales, organisée sous le thème : « Financer l’industrialisation de l’Afrique pour un développement durable ».
L’AVIP rassemble en un seul et même espace des données sur les investissements étrangers et nationaux, les flux publics et privés, ainsi que sur les politiques et les conditions qui les influencent, selon une méthodologie harmonisée permettant des comparaisons entre pays et secteurs. Elle vise à corriger les perceptions du risque en Afrique, souvent plus élevées que la réalité, lesquelles contribuent à accroître le coût du capital et à décourager les investissements.
L’AVIP repose sur quatre piliers : l’investissement domestique, qui cartographie les conditions économiques et financières des marchés africains ; l’investissement international, qui suit les stocks, les flux et les retombées des investissements directs étrangers (IDE) ; les infrastructures, qui évaluent les conditions de financement, les risques et les déficits d’investissement ; et la politique d’investissement, qui compare les cadres nationaux aux normes régionales, continentales et internationales.
La plateforme est conçue pour répondre aux besoins des investisseurs à la recherche de données détaillées sur les conditions d’investissement, des décideurs publics qui suivent l’évolution du climat des affaires et l’impact des réformes, ainsi que des instituts nationaux de statistique chargés de produire des statistiques fiables et comparables sur l’investissement.
L’AVIP répond au poids économique croissant de l’Afrique. D’ici à 2050, le continent devrait représenter 85 % de la croissance de la population active mondiale. Entre 2000 et 2020, son économie a progressé de près de 4 % par an, un rythme supérieur à la moyenne mondiale, et pourrait doubler de taille d’ici à 2040 si les investissements annuels dans les infrastructures passaient de 83 milliards USD à 155 milliards USD. Pourtant, l’Afrique ne représente aujourd’hui que 1,75 % du stock mondial d’investissements directs étrangers entrants, ce qui témoigne d’un important potentiel de croissance.
À son lancement, l’AVIP couvre des données d’investissement provenant de plus de 15 pays africains, représentant l’ensemble des grandes régions du continent. Soutenue par le Communiqué des dirigeants du G7 de 2024, la plateforme est cofinancée par l’Union européenne, l’Italie, la Corée, le Portugal, l’Espagne et la Türkiye. Elle est développée en collaboration avec plusieurs partenaires, notamment la Banque africaine de développement, Afreximbank, le Fonds monétaire international (FMI), le Centre du commerce international (ITC), les Communautés économiques régionales (CER), la CNUCED, l’ONUDI et le Groupe de la Banque mondiale.
La plateforme sera progressivement étendue afin de couvrir plus de 20 pays africains d’ici 2028-2029, avec pour objectif de dépasser 30 pays à l’horizon 2030.
La plateforme est accessible à l’adresse www.avip.africa. Les gouvernements, institutions et organisations souhaitant devenir partenaires sont invités à prendre contact à l’adresse [email protected].
Cet article a été préparé par les équipes de l’OCDE et de la Commission de l’Union africaine dans le cadre de la Plateforme
Virtuelle de l'Investissement en Afrique (AVIP).