Rapport
• 03 décembre 2025

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Similitudes et particularités des systèmes de classification des recettes publiques africaines

Le ratio moyen impôts/PIB de l’Afrique a progressé pour la troisième année consécutive en 2023 pour atteindre 16.1 %, soit une augmentation de 0.5 point de pourcentage (point) par rapport au niveau de l’année précédente. Cette hausse a été portée par une progression des recettes tirées de l’impôt sur les bénéfices des sociétés (IS). Les ratios impôts/PIB affichaient en 2023 de grandes différences d’un pays africain à l’autre, allant de 2.9 % en Somalie à 34.0 % en Tunisie ; 20 des 38 pays présentaient un ratio inférieur à 15 %.

L’édition 2025 des Statistiques des recettes publiques en Afrique présente des indicateurs internationalement comparables sur les recettes fiscales et non fiscales jusqu’en 2023 pour 38 pays d’Afrique, dont la Gambie et le Libéria pour la première fois. Cette publication constitue un instrument unique en son genre pour mesurer les progrès en matière de mobilisation des ressources intérieures et éclairer la conception et l’analyse des politiques fiscales sur l’ensemble du continent africain. À ce titre, la publication des Statistiques des recettes publiques en Afrique contribue aux Objectifs de développement durable (ODD) des Nations Unies, à l’Engagement de Séville et à l’Agenda 2063 de l’Union africaine. Cette édition 2025 comprend une étude spéciale sur les similitudes et particularités des systèmes de classification des recettes dans les pays africains.

Recettes fiscales

Malgré une hétérogénéité significative entre les pays, l’Afrique a connu une situation macroéconomique difficile en 2023, caractérisée par un ralentissement de la croissance économique, une inflation élevée, une baisse des prix mondiaux du pétrole, du gaz et des minéraux, et un renchérissement des coûts du service de la dette. Dans ce contexte, les recettes fiscales en pourcentage du PIB ont augmenté dans 24 pays, ont diminué dans 14 pays et sont restées inchangées dans un pays entre 2022 et 2023. Toutefois, le ratio moyen impôts/PIB (recettes fiscales totales, cotisations de sécurité sociale comprises, en pourcentage du PIB) des 38 pays couverts par cette publication est resté inférieur aux niveaux moyens de l’Asie et du Pacifique (19.6 %), de l’Amérique latine et des Caraïbes (ALC, 21.3 %) et des pays de l’OCDE (33.9 %).

Le Tchad, le Gabon et la Guinée équatoriale ont enregistré les plus fortes hausses de leur ratio impôts/PIB en 2023, de respectivement 3.4, 4.9 et 4.5 points, sous l’effet d’une augmentation des recettes de l’IS due à la progression des bénéfices tirés du secteur extractif. Au Gabon comme en Guinée équatoriale, les recettes fiscales nominales ont augmenté tandis que le PIB nominal a reculé au cours de la période. À l’inverse, les baisses les plus marquées du ratio impôts/PIB ont été observées en République démocratique du Congo sous l’effet de la chute des recettes de l’IS, qui avaient culminé à 5.6 % du PIB en 2022.

L’augmentation des recettes de l’IS a été à l’origine de l’accroissement moyen des recettes fiscales, qui ont progressé pour la deuxième année consécutive dans les 38 pays étudiés dans cette publication. En 2023 les recettes de l’IS ont enregistré une hausse moyenne de 0.3 point. Les recettes provenant des impôts sur les biens et services ont connu une augmentation de 0.1 % du PIB en moyenne au cours de la période, portée par une hausse du même ordre de grandeur des recettes tirées des taxes sur la valeur ajoutée (TVA).

L’amélioration des ratios impôts/PIB dans de nombreux pays africains au cours des dix dernières années s’explique par les efforts déployés pour renforcer les systèmes budgétaires. Entre 2013 et 2023, le ratio moyen impôts/PIB de l’Afrique a progressé de 1.4 point, tandis que les moyennes de la région ALC et des pays de l’OCDE ont augmenté de respectivement 0.8 point et 1.3 point. Les ratios ont augmenté dans 29 des 38 pays d’Afrique étudiés entre 2013 et 2023 et ont diminué dans 9 pays.

Les recettes de toutes les principales catégories d’impôt ont progressé à peu près au même rythme entre 2013 et 2023, en pourcentage du PIB. Les recettes de l’impôt sur le revenu et les bénéfices et celles provenant des impôts sur les biens et services ont augmenté de 0.6 point. En 2023, les impôts sur les biens et services sont restés la principale source de recettes fiscales en Afrique, puisqu’ils ont généré 51.2 % du total des recettes fiscales en moyenne, la TVA à elle seule contribuant à 26.6 % du total. Dans le même temps, les impôts sur le revenu et les bénéfices ont représenté en moyenne 40 % du total des recettes fiscales en 2023, dont 16.5 % provenant de l’impôt sur le revenu des personnes physiques (IRPP) et 21.4 % de l’IS.

Recettes non fiscales

En 2023, les recettes non fiscales en Afrique représentaient en moyenne 5.9 % du PIB dans les 37 pays ayant communiqué des données pour cette année-là. Elles s’échelonnaient entre 0.5 % du PIB en Gambie et 33.8 % au Lesotho. Elles dépassaient 10 % du PIB dans six pays, dont quatre (Botswana, Eswatini, Lesotho et Namibie) recevaient la majeure partie de leurs recettes non fiscales du fonds commun des recettes de l’Union douanière de l’Afrique australe (SACU). Les recettes non fiscales étaient supérieures aux recettes fiscales au Botswana, en République du Congo, au Lesotho et en Somalie. Le total des recettes fiscales et non fiscales des pays africains s’élevait en moyenne à 21.9 % du PIB en 2023, et s’échelonnait entre 8.4 % du PIB en Somalie et 56.5 % du PIB au Lesotho.

En 2023, les recettes non fiscales moyennes en Afrique sont restées inchangées en pourcentage du PIB par rapport à l’année précédente. La hausse de 0.6 point des recettes non fiscales diverses (principalement des recettes issues de la SACU) a été compensée par une baisse des revenus de la propriété (principalement des loyers et des redevances) dans un contexte de recul des prix des matières premières : les revenus de la propriété ont cédé 0.6 point en moyenne en 2023 pour s’établir à 2.4 % du PIB. Les dons ont baissé de 0.1 point en 2023. C’est en République du Congo et en Guinée équatoriale que la diminution des recettes non fiscales a été la plus forte, en pourcentage du PIB (respectivement 7.5 et 9.6 points).

L’origine des recettes non fiscales différait selon les pays en 2023. La plupart des recettes non fiscales étaient issues de dons pour huit pays, tandis qu’elles provenaient de loyers et de redevances pour sept pays. Les 18 pays restants, à l’exception des quatre pays bénéficiaires nets de la SACU, ont tiré l’essentiel de leurs recettes non fiscales d’autres sources telles que les intérêts et dividendes et les frais au titre de la vente de biens et services.

Entre 2013 et 2023, les recettes non fiscales moyennes ont diminué de 1.2 point de PIB, principalement en raison d’un repli de 0.7 point des recettes sous forme de dons et de 0.5 point des revenus de la propriété, mais sont restées stables en proportion du PIB depuis 2017. La baisse intervenue entre 2013 et 2023 a presque entièrement compensé l’augmentation des recettes fiscales au cours de la même période, soulignant les difficultés de financement auxquelles les pays africains restent confrontés.

Similitudes et particularités des systèmes de classification des recettes publiques africaines

L’étude spéciale examine les similitudes et les particularités des systèmes de classification des recettes dans les pays africains étudiés dans ce rapport, et compare ces systèmes avec la classification de l’OCDE sur laquelle se fonde la publication des Statistiques des recettes publiques en Afrique. Elle constate que la granularité des données relatives aux recettes est très variable d’un pays africain à l’autre et dans la durée. Plusieurs catégories de recettes, y compris au sein des impôts sur le revenu et les bénéfices et des impôts sur les biens et services, sont communes à la plupart des pays africains. Toutefois, certaines variations au sein des catégories de recettes sont fréquentes en Afrique mais absentes de la classification de l’OCDE, tandis que certaines subdivisions figurant dans la classification de l’OCDE n’existent généralement pas dans les catégories de recettes en Afrique. Les recettes provenant des industries extractives ne sont pas systématiquement répertoriées dans les cadres nationaux de communication d’informations, et des déficits d’informations persistent (principalement pour l’IS, l’IRPP et la TVA). Ces résultats ouvrent la voie à l’élaboration d’une classification africaine des recettes, un objectif en phase avec la stratégie plus large poursuivie par STATAFRIC consistant à harmoniser les statistiques à l’échelle du continent.

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Statistiques des recettes publiques en Afrique 2025

Statistiques des recettes publiques en Afrique 2025