18 février 2026

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L’OCDE, en partenariat avec les gouvernements de la Roumanie et du Kenya, a organisé les 9 et 10 février 2026 à Nairobi un dialogue public-privé de haut niveau intitulé « Mobiliser le secteur privé pour un commerce et des investissements durables dans le secteur agroalimentaire africain ». 

Cet événement de deux jours a réuni des ministres et hauts responsables d’Afrique et d’Europe, ainsi que des représentants de premier plan du secteur privé, des organisations de producteurs agricoles et des partenaires internationaux, autour de tables rondes et d’un atelier de renforcement des capacités consacré aux Systèmes de semences de l’OCDE. 

En ouvrant la réunion, le secrétaire de Cabinet du Kenya chargé de l’Information, de la Communication et de l’Économie numérique, S.E. William Kabogo Gitau, a souligné que « la faible productivité et les pressions climatiques continuent de peser sur un secteur pourtant central pour les économies africaines », relevant que l’agriculture reste confrontée à des déficits persistants de financement, à des insuffisances d’infrastructures et à une exposition accrue aux risques climatiques.

Dans ses remarques liminaires, le Secrétaire général adjoint de l’OCDE, František Růžička, a mis en évidence l’ampleur des enjeux et des opportunités : « L’agriculture et les systèmes alimentaires représentent environ 20 % du PIB en Afrique et assurent des moyens de subsistance à plus de 60 % de la population active. Toutefois, le continent demeure structurellement dépendant des marchés alimentaires internationaux ». Il a également souligné le potentiel considérable lié à l’approfondissement du commerce intra-africain de produits agricoles, notamment dans le cadre de la mise en œuvre de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf). 

Florian-Emil Dumitru, secrétaire d’État au ministère de l’Agriculture et du Développement rural de Roumanie, a souligné que « les partenariats technologiques entre l’Afrique et l’Europe sont déterminants pour améliorer la productivité ». 

Structurées autour de quatre sessions thématiques, les discussions ont permis aux participants d’examiner les principaux défis et obstacles et de formuler des recommandations de politiques publiques visant à catalyser l’investissement privé durable le long des chaînes de valeur agroalimentaires. 

S’agissant du financement et de l’investissement, les participants ont mis en avant la nécessité de renforcer les cadres d’action publique afin de réduire les incertitudes, d’améliorer la prévisibilité réglementaire et de mobiliser des capitaux à long terme. Dans un contexte où le secteur agroalimentaire capte moins de 5 % des investissements directs étrangers à destination du continent, les intervenants ont appelé au développement d’instruments financiers innovants, notamment des mécanismes de partage des risques, afin d’élargir l’accès au financement pour les petits exploitants et les PME. 

En matière de commerce et d’intégration régionale, les échanges ont porté sur l’opérationnalisation de la ZLECAf afin de favoriser la montée en gamme des productions, le développement de chaînes de valeur régionales résilientes et l’accroissement de la valeur ajoutée locale. Les participants ont souligné la nécessité d’une transition progressive de l’exportation de matières premières vers celle de produits agroalimentaires transformés. Le renforcement de la convergence réglementaire et la numérisation des procédures aux frontières ont été identifiés comme des priorités clés pour réduire les coûts de transaction et stimuler les échanges. 

Les sessions consacrées à la numérisation et à la résilience climatique ont mis en avant l’importance d’une transformation numérique inclusive et centrée sur les usages, orientée vers la fourniture de services concrets, tels que les systèmes d’alerte précoce face aux aléas climatiques. 

Enfin, les discussions relatives aux compétences et à l’entrepreneuriat ont souligné la nécessité de mettre en place des incitations adaptées afin de positionner le secteur agricole comme une opportunité entrepreneuriale pour la jeunesse africaine. Les intervenants ont insisté sur l’importance d’un meilleur alignement entre les dispositifs de formation et les besoins du marché, ainsi que sur la mise en place d’environnements réglementaires favorables à l’innovation.  

Le dialogue de Nairobi s’est conclu par un engagement partagé à renforcer la coopération public-privé, à améliorer la cohérence et la coordination des politiques publiques et à accélérer la mobilisation d’investissements durables, afin de faire du secteur agroalimentaire africain un moteur de transformation structurelle, de sécurité alimentaire et de croissance inclusive. Les conclusions de cette rencontre viendront alimenter les travaux en cours dans le cadre du Partenariat OCDE–Afrique et contribueront à promouvoir des échanges et des investissements durables au sein des chaînes de valeur agroalimentaires du continent. 

Cette note aux médias a été élaborée par l'OCDE.

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Agrifood conference Nairobi Feb26