Available in
Pays connexes
Aperçu et points forts
Le rapport phare annuel Dynamiques du développement en Afrique est le fruit du partenariat de longue date entre le Département du développement économique, du commerce, du tourisme, de l’industrie et des minéraux de la Commission de l’Union africaine et le Centre de développement de l’OCDE. Il réunit une équipe de chercheurs universitaires, d’économistes, de statisticiens et d’autres experts provenant de pays africains et partenaires.
L’édition 2025 examine comment les acteurs africains peuvent accélérer le développement des infrastructures afin d’atteindre la transformation productive et l’Agenda 2063. Le premier chapitre évalue les besoins d’investissement en infrastructures pour accélérer la transformation productive ainsi que les conditions actuelles de financement face à l’augmentation de la dette souveraine, au coût élevé du capital et au recul du financement du développement. Il analyse également les principales opportunités et risques environnementaux et sociaux liés au développement des infrastructures.
Le deuxième chapitre propose des politiques prioritaires pour accélérer le développement et la mise en œuvre des projets d’infrastructure, en s’appuyant sur des enseignements tirés du continent et d’ailleurs. Les chapitres suivants portent sur les cinq régions africaines telles que définies par le Traité d’Abuja : Afrique australe, Afrique centrale, Afrique de l’Est, Afrique du Nord et Afrique de l’Ouest. Ils offrent une perspective régionale sur l’état des infrastructures, les flux de financement, les politiques d’infrastructure, les corridors de développement, le soutien aux projets d’infrastructure et le développement des compétences.
Cette édition s’appuie sur un large éventail de sources de données et comprend une collecte de données primaires au moyen d’entretiens semi-structurés et d’une enquête. L’analyse a été menée entre septembre 2024 et juin 2025 sur la base des études et données disponibles. L’enquête en ligne OCDE/AfIDA sur l’offre de compétences dans le secteur des infrastructures a été administrée auprès d’un réseau de développeurs d’infrastructures, d’investisseurs et d’experts ; vingt-huit réponses ont été reçues en février 2025. Les résultats ont été confirmés lors d’un atelier d’experts réunissant 40 participants le 23 janvier 2025. Trois entretiens semi-structurés ont également eu lieu en décembre 2024.
L’annexe statistique contient les indicateurs économiques, sociaux et institutionnels les plus récents pour les pays africains pour lesquels les données sont comparables. Une liste des tableaux de données figure dans les dernières pages du rapport. Les données sont présentées par pays, région, communauté économique régionale et groupes de pays pertinents (par exemple dotation en ressources, niveaux de revenu, développement socio-économique et fragilité, accès à l’océan et langue). L’annexe propose également des comparaisons entre l’Afrique et différentes régions du monde ainsi que d’autres références pertinentes. Ces données visent à informer les décideurs, conseillers, analystes économiques, investisseurs privés, journalistes, organisations non gouvernementales et citoyens du monde entier intéressés par les trajectoires de développement des pays africains. Elles sont mises à jour en continu en ligne.
Le rapport complet est publié en anglais, en français et en portugais. Des figures et tableaux supplémentaires ainsi que l’annexe statistique sont disponibles sur les sites de la Commission de l’Union africaine et du Centre de développement de l’OCDE.
Investir 155 milliards de dollars par an dans le développement des infrastructures pourrait plus que doubler le PIB de l’Afrique d’ici 2040.
Des investissements dans les infrastructures de 155 milliards USD par an jusqu’en 2040 permettront aux économies africaines de croître plus rapidement et d’atteindre une transformation productive. Ce rapport utilise une méthodologie novatrice pour estimer les investissements nécessaires afin que les pays africains puissent atteindre le niveau d’infrastructures de pays de référence en développement ayant réalisé les plus hauts niveaux de transformation productive. Mettre l’accent sur la transformation productive — et les besoins d’investissement en infrastructures qui y sont liés — est stratégique pour atteindre l’Agenda 2063 et les Objectifs de développement durable (ODD) des Nations Unies.
Les résultats de la méthodologie du rapport indiquent un besoin moyen d’investissement annuel de 155 milliards USD jusqu’en 2040. Ce besoin annuel équivaut à 5,6 % du PIB du continent en 2024. Ce chiffre est plus de trois fois supérieur à celui de l’Amérique latine et des Caraïbes (1,7 %) et cinq fois supérieur à celui de l’Asie en développement (1,0 %). L’Afrique de l’Est et l’Afrique centrale sont les régions africaines ayant les besoins d’investissement en infrastructures les plus élevés par rapport à leur PIB, avec respectivement 9 % et 8 % (figure 1). Cinquante-huit pour cent des investissements nécessaires pour accélérer la transformation productive du continent concernent la construction de nouvelles infrastructures, tandis que 42 % sont essentiels pour la maintenance. Les projections de ce rapport concernant les besoins d’investissement en infrastructures en Afrique sont comparables à celles d’autres études, bien que les méthodologies sous-jacentes et les objectifs de recherche diffèrent.
Le développement des infrastructures est nécessaire pour réaliser la transformation productive de l’Afrique et l’Agenda 2063.
Le développement des infrastructures mérite d’être une priorité absolue pour les décideurs africains, car il peut stimuler la croissance, le commerce, la création d’emplois et la productivité des entreprises. Selon l’analyse de ce rapport fondée sur les résultats d’Afrobarometer concernant les principaux problèmes nationaux que les Africains souhaitent voir leurs gouvernements traiter (figure 1.3), les citoyens attendent que l’infrastructure soit une priorité.
L’infrastructure est un facteur essentiel de croissance économique, d’intégration régionale et d’emploi. Étant donné que le stock physique d’infrastructures est plus limité en Afrique, les investissements dans ce domaine promettent des gains plus importants que dans d’autres régions du monde. Des réseaux d’infrastructures intégrés peuvent également améliorer la productivité des entreprises et favoriser des réseaux commerciaux bien connectés, contribuant directement à la réalisation de la vision de l’Agenda 2063 de l’Union africaine d’« infrastructures de classe mondiale sillonnant l’Afrique », grâce à une meilleure connectivité ferroviaire, routière, maritime et aérienne ainsi qu’au développement de pools énergétiques régionaux et de réseaux numériques.
L’espace budgétaire limité et l’augmentation du poids de la dette souveraine limitent les dépenses publiques consacrées aux infrastructures en Afrique.
Les gouvernements africains consacrent aux infrastructures une part de leur PIB similaire à celle d’autres régions du monde. Entre 2010 et 2017, les dépenses publiques budgétisées directement par les gouvernements variaient de 0,5 % à 4,0 % du PIB national dans 23 pays africains, contre 0,5 % à 8,0 % dans 5 pays d’Asie en développement et 0,1 % à 3,0 % dans 13 pays d’Amérique latine et des Caraïbes (figure 1.10).
Ces dépenses sont comparables, voire supérieures, au montant investi par les pays à revenu élevé dans les infrastructures de transport (0,9 % en moyenne sur 2018-2021), mais inférieures aux investissements moyens en infrastructures de la Chine et du Viet Nam (respectivement 6,7 % et 5,1 % sur 2010-2014).
Outre les allocations budgétaires directes, les dépenses publiques d’infrastructure en Afrique transitent également par les entreprises publiques (30 %) et les partenariats public-privé (10 %), qui nécessitent souvent des interventions hors budget telles que des injections budgétaires ou la renégociation de contrats.