Available in
Pays connexes
Résumé exécutif
Introduction
Après soixante ans de poursuite de la vision de l'intégration africaine initiée par les fondateurs de l'Organisation de l'Unité Africaine (OUA), de nombreuses réalisations permettent aujourd'hui d'affirmer que l'Afrique est résolument engagée dans un processus d'intégration visant le développement harmonieux du continent. Néanmoins, le chemin vers la réalisation d'une Communauté économique africaine reste parsemé d'embûches considérables et nécessite un suivi continu des progrès réels de l'intégration régionale.
Questions brûlantes pour l'Afrique en 2025
Entre 2023 et 2025, le processus d'intégration africaine s'est heurté à des défis nouveaux et complexes dans un contexte international en évolution rapide. La résurgence du protectionnisme - en particulier aux États-Unis - a eu des effets indirects sur les flux commerciaux mondiaux et les chaînes d'approvisionnement. Dans le même temps, l'inflation persistante, alimentée par les tensions géopolitiques et les politiques monétaires restrictives, a mis à rude épreuve les économies africaines, exacerbant le fardeau de la dette publique et réduisant la marge de manœuvre budgétaire pour des investissement transformateurs.
Parallèlement, l'accélération de la numérisation du commerce, stimulée par l'innovation technologique, a ouvert de nouvelles perspectives pour le commerce intra-africain. D'ici 2025, environ 40 % des Africains feront des achats en ligne, contre seulement 13 % en 2017. Le marché africain du commerce électronique est estimé à 180 milliards USD d'ici 2025, avec des projections atteignant 712 milliards USD d'ici 2050. Toutefois, cette croissance est freinée par des infrastructures déficientes, une couverture numérique inégale, des cadres réglementaires régionaux sous-développés et des compétences numériques limitées.
Par ailleurs, la baisse des subventions des grandes économies mondiales devrait affecter les mécanismes d'aide publique au développement. En mai 2025, l'administration américaine a annoncé une réduction de 22 % des dépenses publiques non militaires, pour un montant de 163 milliards d'USD. Cette décision a entraîné des réductions significatives des contributions au Fonds africain de développement (géré par la Banque africaine de développement), ainsi que d'autres programmes d'aide soutenus par l'USAID.
Dans ce contexte, le rapport 2025 sur l'intégration africaine met en lumière les principales réalisations, les domaines de stagnation et les questions émergentes liées à l'intégration continentale. Il s'appuie sur une méthodologie et une structure actualisée dans le cadre de l'indice d'intégration régionale africaine (ASRII). Le rapport vise à fournir aux décideurs, aux institutions régionales et aux partenaires de développement un outil précieux d'aide à la décision pour accélérer la mise en œuvre de l'Agenda 2063 et des initiatives phares telles que la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECA).